Les archives de la création à l’âge du tout numérique

La génétique des textes et des formes étudie les archives de la création pour interpréter les œuvres d’après leurs documents de genèse (plan, brouillons, notes, etc.). Ces millions de documents autographes nous ont été légués par les créateurs des trois derniers siècles comme la trace de leur travail. L’outil numérique contemporain des premières recherches de ce type s’est révélé indispensable pour traiter ces archives complexes et massives. À l’heure où les traces du travail créatif, dans tous les domaines, deviennent elles-mêmes numériques, peut-on s’attendre à un âge d’or de l’approche génétique dans la mesure où il est devenu possible de « tout conserver » ? ou à un cauchemar ? car la réalité est que, depuis vingt ans, les archives numériques de la création sont pour l’essentiel perdues, et continuent à se perdre, faute de support pérenne et de procédure de sauvegarde automatique des fichiers. Cette destruction irréversible des traces est sans précédent. Pourquoi notre présent est-il si désinvolte vis-à-vis de sa propre mémoire ? Peut-être parce que le diktat du tout communicationnel et du flux tendu, qui exclut le différé et le stock, nous conduit à privilégier le court terme et la rentabilité immédiate, en oubliant la logique des cycles longs et de la transmission intergénérationnelle.

Sourced through Scoop.it from: rsl.revues.org

Article publié en 2013

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